Ce qu’on savait : les anomalies d’activation cérébrale au cours de tâches cognitives et émotionnelles mises en évidence dans plusieurs études chez les patientes atteintes d’anorexie mentale (AM) après guérison pourraient être des biomarqueurs du trouble mais ne permettent pas de rendre compte de certains traits de fonctionnement complexes, probablement sous tendus par des anomalies à l’échelle des réseaux cérébraux. Il est donc intéressant d’étudier un réseau cérébral au repos, le default mode network (DMN), impliqué dans plusieurs troubles neuropsychiatriques complexes (dépression, trouble bipolaire, schizophrénie).

Ce qu’on apprend : au sein du DMN, il existerait chez les patientes anorexiques après
guérison une augmentation de la connectivité fonctionnelle avec des régions impliquées dans
les processus de référence à soi et le contrôle cognitif (precuneus, cortex prefrontal
dorsolatéral). Ce profil d’activation pourrait jouer un rôle dans l’apparition des ruminations
centrées sur le poids et le contrôle alimentaire, symptôme ayant un rôle clé dans le maintien
du trouble.

Ce que ça change : nécessité d’études longitudinales et sur de plus gros échantillons pour
confirmer rôle de ces circuits comme possibles biomarqueurs et leurs liens avec la
symptomatologie clinique.

Référence : Cowdrey FA, Filippini N, Park RJ, Smith SM, McCabe C. Increased resting state
functional connectivity in the default mode network in recovered anorexia nervosa. Hum
Brain Mapp. 2012 Oct 3. doi: 10.1002/hbm.22202.

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Sébastien Guillaume : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.